Webcast des conférences


Les conférences de la journée

Vous trouverez sur cette page une description plus précise des présentations du colloque.

Titre :
  • Les ressources en eau du XXème siècle seront-elles suffisantes pour le XXIème siècle?
  • La Bretagne, pionnière de l’innovation dans les ressources en eau
Intervenant : M. Jean-Raynald de Dreuzy
Structure : Chargé de recherche en hydrogéologie CNRS / Géosciences Rennes, Campus de Beaulieu :
Description :

Les ressources en eau du XXème siècle seront-elles suffisantes pour le XXIème siècle?

La prévision du pic démographique aux alentours de 10 milliards et l’augmentation du niveau de vie vont nécessiter d’accroître la disponibilité des ressources en eau. Il faudra plus d’eau au XXIème siècle qu’au XXème siècle. Et les ressources actuelles ne pourront suffire. Les solutions proposées se résument toutes à quelques principes simples : déplacer, préserver, épurer, recycler, augmenter. Déplacer l’eau résout une partie du problème de l’inégalité de sa répartition mais entraîne une dépendance de certains pays vis-à-vis d’autres. Préserver la ressource en la polluant moins par exemple résout une partie du problème de la qualité mais ne peut se faire qu’avec une mobilisation formidables des acteurs économiques. Des solutions innovantes ont été proposées à plusieurs de ces dilemmes sous la forme de déplacement d’“eau virtuelle” ou de création de “parcs naturels hydrologiques”. A partir d’exemples expérimentaux de mise en œuvre, nous réfléchirons à la possible généralisation de ces solutions? Nous verrons que ces solutions nécessitent toutes des investissements forts, qu’elles ne sont pas exclusives les unes des autres. Par ailleurs elles sont directement conditionnées par une situation naturelle et un contexte socio-économique.

La Bretagne, pionnière de l’innovation dans les ressources en eau

Reposant sur un socle cristallin avec un relief faible, la Bretagne n’est a priori pas bien dotée en réserves d’eau naturelles. On connait peu de bassins et de nappes phréatiques naturelles pour stocker des précipitations pourtant abondantes. Et les réserves disponibles sont extrêmement vulnérables aux pollutions notamment par les nitrates. La pression et la mobilisation pour faire émerger de nouvelles solutions sont fortes. Parmi les solutions envisagées, nous détaillerons la prospection des roches cristallines pour rechercher des aquifères profonds. Considérés comme “secs” il y a 30 ans, certains granites contiennent de l’eau en quantité exploitable, comme l’aquifère de Ploemeur (Morbihan). Comment trouver d’autres ressources similaires ? Nous nous intéresserons aussi à la possible optimisation de la gestion des ressources actuelles avec la question suivante : la solution à la ressource en eau doit-elle venir d’une meilleure connaissance et d’une meilleure gestion des ressources connues  ou de la découverte de nouvelles ressources ?


Titre : Quelques actions pour améliorer la connaissance des ressources en eau souterraine semi-profondes de Bretagne
Intervenant : Bruno Mougin et Anne Carn-Dheilly : hydrogéologues
Structure : Bureau de recherche géologiques et minières (BRGM) de Bretagne
Description : Les points évoqués dans l’exposé :
- Forages d’eau dans la Banque du Sous-Sol (BSS) 
- Etudes sur plusieurs bassins versants (BV) : quantité d’eau souterraine prélevée -/- eau pluie et eau rivière 
- Plaquette forages 
- Programme SILURES (Système d’Information pour la Localisation et l’Utilisation des Ressources en Eaux Souterraines) : secteurs bretons où l’exploitation des ES peut-être encouragée, inertie des nappes dans les BV 
- Projet RAPSODI (Recherche d’Aquifères Profonds dans le Socle du Département d’Ille-et-Vilaine) : exemples de forages semi-profonds et découverte d'une nouvelle ressource 
Projet CASPAR (Caractérisation des Aquifères Semi-Profonds du socle ARmoricain) : recherche scientifique sur ces arrivées d'eau souterraine semi-profondes 
- Projet CINERGY (Connaissance de la géologIe profoNde du bassin tErtiaire Rennais, à visée Géothermique et hYdrogéologique) : à la recherche d'une nouvelle ressource dans le bassin tertiaire profond de Rennes sur le territoire de Rennes Métropole.

Titre : Dessalement de l'eau de mer en Bretagne, état des lieux.
Intervenant : Eric Chateau
Structure : IUT Génie Biologique - Saint-Brieuc
Description :

Mises à part quelques restrictions d’usage ponctuelles en période estivale, la Bretagne continentale n’est pas confrontée à une pénurie d’eau nécessitant de s’intéresser au dessalement de l’eau de mer. Il n’en est pas de même pour les îles bretonnes.

Différentes stratégies ont été explorées afin de palier le manque d’eau récurrent sur les îles. Les causes de ces pénuries tiennent en une pauvreté des réserves phréatiques, en bassins versants peu étendus… et en un accroissement brutal et important de la population en période estivale.

Trois îles (Sein, Belle-île et Houat ponctuellement) ont opté pour des unités de dessalement d’eau de mer par osmose inverse, pour s’extraire des aléas saisonniers, mais aussi des vicissitudes d’une alimentation de la part du continent.


Titre : Eau destinée à la consommation humaine et aux usages non sanitaires : quelles ressources possibles ?
Intervenant : Sandrine Pernet - Ingénieur d’études sanitaires, service santé environnement
Structure : DDASS Direction Santé et environnement 
Description :

Face au prix croissant de l’eau potable du réseau public et à la pénurie d’eau dans certaines régions, la recherche de sources alternatives d’eau s’est développée. L’exposé développera la réglementation en vigueur notamment pour l’utilisation de puits et sources à usage domestique, la réutilisation des eaux usées et pluviales mais surtout les problèmes sanitaires posés par ces différentes sources d’approvisionnement.


Titre : Recyclage partiel des eaux usées après ultra-filtration et osmose inverse.
Intervenant : Vincent Damour
Structure : Cooperl Arc Atlantique
Description :

L’activité d’abattage du site de la Cooperl – Arc Atlantique de Lamballe génère annuellement 1 million de m3 d’effluents par an (l’équivalent d’une pollution d’une population de 300 00 habitants).
Une partie de ces effluents est retraitée et réutilisée sur le site de Lamballe. Les eaux parviennent dans un bassin tampon et subissent une floculation. Trente pour cent de ces effluents traités rejoignent directement la station communale.
L’autre partie des effluents est dirigée vers une station biologique où elle est filtrée par Ultra – filtration. Les solides en suspension sont retenus et éliminés par une membrane.
Une partie de cette eau filtrée est employée directement pour le lavage des bétaillères.
Le reste est acheminé vers une unité d’osmose inverse. Le résultat de ce traitement fin est une eau épurée utilisée pour la brumisation des porcs en stabulation avant abattage, pour les tours de refroidissement et les lavages.

Ces divers degrés de traitements permettent de substantielles économies d’eau qui ne sont pas prélevées sur le réseau.

Titre : Traitement d'effluents de laiteries par procédés membranaires pour la production d'eau réutilisable sur site.
Intervenant : Béatrice Balannec -  Chercheur à l'Université de Rennes 1 - UMR CNRS Sciences Chimiques de Rennes
Structure : Université de Rennes 1
Description :

L’industrie laitière est la plus polluante en volume après le secteur de la chimie. Les phases de démarrage, d’équilibrage et d’arrêt des installations génèrent des effluents, les eaux de procédés composées de matière laitière diluée sans produits chimiques, qui contribuent significativement aux pertes non accidentelles de matière première, à la consommation d'eau et à la production d'eaux résiduaires. Dans un contexte socio-économique et environnemental de plus en plus contraignant, il est impératif de proposer à l'industrie laitière des procédés de traitement de ces effluents triés à la source, dans le double but de valoriser les composants du lait récupérés et de réutiliser l'eau traitée. Les procédés à membranes, en particulier la nanofiltration et l’osmose inverse, sont des procédés pertinents pour atteindre ce double objectif. 

Des enquêtes complétées par des visites sur sites industriels ont permis de mettre en évidence la variabilité des eaux de procédés industrielles. Les pratiques de gestion de l’eau des différents sites industriels ont également été analysées : il apparaît que l’eau de forage, l’eau du réseau et les condensats d’évaporation (récupérés lors de la concentration et du séchage du lait et du lactosérum) sont utilisés en proportions variables selon les sites pour des utilisations ciblées. 

Des eaux de procédés industrielles ont été traitées sur des modules de filtration de laboratoire équipés de membranes spirales. Les eaux épurées obtenues par filtration sur une membrane d’osmose inverse sont de qualité comparable aux condensats d’évaporation. Leur réutilisation peut par conséquent être proposée pour des usages spécifiques au sein de l’usine.


Titre : La récupération d'eau de pluie à l'usage des bâtiments
Intervenant : Stéphane Aigu - Directeur technique
Structure : Armor Ingénierie - Langueux (22)
Description :

Bureau d’études technique spécialisé dans les fluides, Armor Ingénierie a fait reconnaître son siège à Langueux selon la norme HQE (Haute Qualité Environnementale) par l’ADEME et le Conseil Régional.
Ce projet a intégré les différentes économies d’eau réalisables au travers de la récupération de l’eau de pluie.

Les aspects réglementaires d’un tel projet sont bien évidemment à prendre en compte, dans un contexte ayant fortement évolué dans les derniers mois : quelle est l’origine de l’eau récupérable ? Quels en sont les usages possibles ? Quelles sont les obligations du propriétaire et les équipements à intégrer ?

Le projet de construction du site de Langueux a donc du prévoir la collecte des eaux de terrasses et de toitures vers une cuve enterrée, et la gestion de trop-plein. Ces eaux de pluie doivent être filtrées avant d’intégrer un circuit d’utilisation interne (eaux sanitaires). L’appoint d’eau de ville est aussi à considérer, ainsi qu’une séparation stricte des réseaux d’eaux pluviales et d’eau de ville.

Fort de cette expérience, Armor Ingénierie peut extrapoler vers d’autres réalisations, dans un contexte de demande dorénavant plus soutenu. 


Titre : Les taillis de saules à très courtes rotations, du traitement d'effluents à la production d'énergie
Intervenant : Aurélie LE PLUS - Chargée de mission cultures énergétiques
Structure : Association AILE
Description :

Le taillis de saule à très courte rotation est une culture pérenne destinée à la production de bois énergie. C'est également un filtre végétal intéressant permettant de traiter des eaux usées peu chargées.

100 hectares de TTCR ont été plantés en Bretagne dans le cadre d’un programme expérimental, pour tester le couplage de la production d'énergie à la valorisation d'effluents. Nous présenterons les résultats de ce projet : performance épuratoire des taillis de saules, éléments de coûts et recommandations de conception.